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Jusqu’au bout du presque rien…
3Abschied, le nouveau spectacle d’Anne Teresa de Keersmaeker, figure phare de la danse contemporaine, pose la question de son existence. Droits réservés
Sur la scène, tout commence étrangement pour un spectacle de danse… L’orchestre prend presque toute la place et reste muet pendant que Anne Teresa de Keersmaeker lance de la musique enregistrée avant de venir sur le devant de la scène expliquer au public pourquoi elle a fait cette création ! Le ton est donné et pendant tout le spectacle, rien ne sera comme on pourrait s’y attendre. Dans un courageux jusqu’au-boutisme, Anne Teresa de Keersmaeker et le chorégraphe Jérôme Bel proposent une triple et énigmatique relecture de L’Adieu de Mahler - sur le texte d’un poète taoïste - qui appartient au cycle du Chant de la Terre, dans une version pour petit orchestre de Schoenberg.
Quand il ne reste plus rien, il reste la douleur et une silhouette qui s’efface jusqu’à disparaître…
Minimalisme des gestes, épure, ou merveilleux essai pour chorégraphier l’impossible musique de Mahler qui regarde la mort en face? le lyrisme de la musique et sa respiration profonde nous est transmis avec une grande émotion à travers d’imperceptibles mouvements qui demandent au spectateur une attention soutenue. Jamais geste et musique n’auront peut-être été aussi proches d’un souffle commun. Le corps s’efface pour laisser sa place à la musique et à la voix poignante de Sarah Fulgoni accompagnée par l’ensemble Ictus. |
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