Les Maisons folie métropolitaines donnent la parole au textile, thématique en résonance dans notre région. Rendez-vous cette fois à Tourcoing, autour de la robe.
L'Hospice d'Havré s'habille d'une exposition étonnante, hétéroclite et chamarrée, ou quand la robe devient oeuvre d'art, le couturier, artiste. « Dans cette exposition, on a invité des artistes de toutes provenances, pas uniquement des créateurs, mais aussi des artistes plasticiens, jeunes et moins jeunes, sortant de l'école ou exposés dans les musées, on passe d'une histoire à l'autre », s'enthousiasme
Jeanne Bossuyt, l'instigatrice. Et Jeanne a fait un joli choix avec ces robes, toutes différentes, exposées dans les salles, aux ambiances chaque fois singulières, autour du cloître.
Surprise en entrant dans la chapelle : deux robes se gonflent sous nos yeux, se dressant comme deux fragiles fantômes, belles apparitions, créant une ambiance particulière dans l'ancien lieu de culte, froissement, bruit du vent, spectres sublimes. Au fond de la salle, les créations d'Olga Boldyreff, artiste très sollicitée dans la région, clin d'oeil à l'année France-Russie, « art plastique érudit et populaire ». A côté des robes en papier des créateurs de la Maison de mode, celles de deux artistes contemporains pour La Redoute.
TENIR À UN FIL
Plus loin, le travail d'une jeune étudiante en art à Tourcoing, dont les robes surprenantes, époustouflantes, dénoncent la désappropration du corps des femmes de son pays, la Chine, fait face aux créations chamarrées d'Agatha Ruiz de la Prada, prêtées par le musée de Roubaix, la Piscine, « nous avons à coeur d'avoir des collaborations avec nos voisins. » Petit tour dans la salle de lecture, pour découvrir la jolie légende de la felouque égyptien- ne à Venise.
Notre coup de coeur va au travail poétique et évanescent de Catherine Noury, des robes-boîtes, comme des fétiches, organiques. Semaine d'hiver, ramification,... des titres évocateurs pour ces petits trésors de minutie, de transparence, on peut rester des heures à les contempler. A côté, les dessins intitulés Tenir à un fil, vêtements contraintes, dont les petits personnages cherchent à se défaire. Ou encore, Les fleurs de Pénélope, fine broderie sur organza rappelant la voie lactée : « on a tous des choses à raconter sur la couture, sa propre interprétation », conclut notre volubile guide, évoquant avec émotion ses souvenirs de travaux de couture.
Jusqu'au 21 février, à l'Hospice d'Havré, 100 rue de Tournai à Tourcoing. Entrée gratuite. Tél.03.59.63.43.53

