Des bandes-dessinées engagées, proposées par Delcourt.
Départ pour un Tour du monde en bande dessinée (Delcourt, 16,5€) très hétéroclite, passant d'un pays à l'autre, d'un problème géopolitique à un autre, du graphisme digne d'une oeuvre d'art au reportage autobiographique, en passant par la poésie sur le monde capitaliste et totalitaire, illustrée au crayon gras. On prend le pouls du monde, si sombre... L'Italien Gipi nous transporte dans la voiture de deux mafieux en planque dans une bagnole, qui (se) posent des questions sur la moralité en politique. Plutôt que du riz, l'association I
Live Here offre des récits : elle propose à des personnes démunies ou meurtries de retracer l'histoire de leur vie. Kamel Kelif, auteur de BD franco-algérien, a écouté et dessiné Mi Su, prostituée birmane, terrible histoire si noire. Quant à Nick Abadzis, il est Grec, né en Suède et habitant de Londres, son père Pierre a vécu à Alexandrie, sa mère Joséphine était d'origine flamande, euh.. irlandaise ? Un citoyen du monde ! Texte engagés et dessins puissants pour un résultat fort et marquant, qui interroge sur le monde d'aujourd'hui.
Comme le Tour du monde... constituerait un recueil de nouvelles, Au nom de la bombe (Delcourt, 16,50€) est un vrai documentaire, très détaillé. Un récit ambitieux, instructif, poignant sur les essais nucléaires, plus de 200, menés en Algérie et en Polynésie de 1960 à 1966. Albert Drandov et Franckie Alarcon retranscrivent les témoignages de neuf personnes concernées, militaires et civiles, autour de diverses thématiques et questions, complétés de récits plus explicatifs et didactiques et d'u
ne préface vibrante signée Jean Vautrin. Des témoins qui souvent pensaient participer à de grandes choses, avant de se sentir trahis ! Mise en lumière d'événements longtemps tabous, dont on commence à reconnaître les néfastes effets, ce document édifiant est rare et précieux.
Tour du monde en bande dessinée (Delcourt, 16,50€)
Au nom de la bombe (Delcourt, 16,50€)

